You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
« Les conflits psychiques qui sont source de souffrance chez l'analysant ne sont pas sans avoir d'incidence sur le propre fonctionnement de l'analyste. Le processus analytique intéresse et mobilise, chez les deux partenaires du couple analytique, l'expression de leurs rejetons pulsionnels dans tous leurs états de liaison et de déliaison, d'intrication et de désintrication », écrit Thierry Bokanowski au début de son Rapport.
Le fonctionnement mental des patients, comme d'ailleurs leur souffrance, n'est certes pas sans effet sur l'analyste. Winnicott, dans La haine dans le contre-transfert, remarquait combien l'analyste pouvait se trouver éprouvé, épuisé, après une séance difficile avec un patient psychotique, au contraire de ce qu'il pouvait vivre auprès d'un patient névrotique. Il évoquait la « lourde tâche affective » du thérapeute de malades psychotiques.
L'incidence du psychisme et de la pathologie des patients sur le fonctionnement mental de l'analyste est habituellement référée aux mouvements du contre-transfert. Loin de n'être considéré que comme un effet de la subjectivité de l'analyste, voire de son « équation personnelle », le contre-transfert et son utilisation dans la cure est devenu aujourd'hui aussi indispensable que le repérage des mouvements transférentiels du patient. L'utilisation du contretransfert dans le processus de la cure permet non seulement d'explorer les zones restées inaccessibles de la psyché des patients en souffrance identitaire ou narcissiques, mais elle offre également une issue possible à ce qui se noue de plus intime entre les deux protagonistes au travail.
Un exemple archiclassique de l'effet de la destructivité d'un patient sur le psychisme de l'analyste nous est donné par Winnicott, dans La haine dans le contre-transfert, lorsqu'il raconte un rêve qu'il a fait pendant le déroulement d'une psychothérapie, rêve dans lequel il se sent dépourvu de côté droit, le côté qui précisément faisait face à sa patiente psychotique. Il rapporte ce