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Il nous semble utile de distinguer synthétiquement deux façons d'entendre l'analyse comme parcours analytique et comme processus analytique.
Dans la « Quatrième partie » de son Œuvre fondamentale, Etchegoyen (1986) soumet à un examen attentif et complexe la « nature du processus psychanalytique ». L'idée de processus analytique, quelle que soit la façon dont on veuille l'entendre, renvoie à un lien causal, c'est-à-dire à l'idée que des états successifs de l'esprit sont étroitement déterminés, de façon continue et discrète, par ceux qui les précèdent. Par analogie avec un modèle biologique, le « processus analytique » implique un certain déroulement anonyme et nécessaire d'événements psychiques. L'idée de processus, qu'on conçoive le processus de façon linéaire ou dialectique, comporte une analyse qui suive un certain cours et aille vers une certaine conclusion. Comme si, dans l'analyse, le développement mental d'un patient était régi par des lois physiologiques nécessaires, comme un processus de croissance des organismes ou un processus infectieux ou inflammatoire ou dépendant de lois bien connues comme un procès judiciaire ou un processus économique (Pontalis, 1997).
Nous sommes de l'avis que cette conception de l'analyse facilite chez l'analyste une fantaisie de pouvoir ou de savoir déterminer à son gré l'évolution de l'esprit d'une autre personne. Comme si l'expérience de la relation avec le patient, qui est à la fois émotionnelle et cognitive, ne soumettait pas l'analyste à cette inévitable inconnue, singulière et inquiétante que le changement inconscient prévoit. En pétrifiant l'expérience sous une loi inéluctable, ne pourrionsnous pas éluder la responsabilité de la rencontre avec l'autre ? Nous savons, au contraire, que le psychanalyste cherche à trouver une issue, un autre chemin, avec le patient, enfermé dans un emprisonnement mental.
La dimension inconnue et inconsciente de l'analyse nous semble bien représentée dans la conception de parcours analytique. Dans