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Les enfants et les adolescents malades portent dans le scénario analytique, comme nous savons, des états affectifs intenses, mais dépourvus de la forme que l'analyste pourrait sentir la plus simple à interpréter.
L'analyste se trouve à rechercher en lui une concordance hic et nunc entre le vécu du patient, son rapport avec lui-même et ses propres références théorico-cliniques de la psychanalyse, mais ne la trouve pas immédiatement.
L'informe intensité des affects du patient peut sûrement se référer à sa psychopathologie, mais l'analyste sait qu'aucune explication en termes de diagnose ou d'étiologie ne produirait quelque chose de bon pour le traitement.
C'est Freud qui a révolutionné le concept et le sens du traitement : au-delà des formes vides du concept de folie, il reste une seule réalité concrète : le couple médecin-patient où les aliénations se résument, sont liées et se délient.
La psychanalyse vise à offrir la possibilité de récupérer, à travers le transfert, l'existence d'un désir et d'une tendance irrésistible dans le patient à exprimer et mettre en action, c'est-à-dire faire reconnaître ce qui a été refoulé, dissocié, caché et isolé dans son inconscient (Balint, 64).
Par rapport aux sentiments et aux affects du transfert, les symptômes vont fonctionner comme une barrière répétitive et forcée qui déforme et cache les affects, une distorsion ou dissimulation non casuelle, mais mirée et spécifique. Les symptômes sont des anneaux d'une série ou chaîne complémentaire aux affects, celle dont Freud parle dans les Études sur l'hystérie. Se présentent et se représentent, en forme forcée et répétitive pour soutenir le processus du refoulement, des affects.