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Les processus en analyse peuvent être envisagés selon divers grossissements. On peut opposer ceux qui sont au plus près de ce qui est observable dans la clinique des séances, donc du travail analytique, et ceux que rend repérables une vue plus large. Dans les deux cas, des hypothèses interprétatives permettent une certaine prévision que confirme ou non la suite du processus. Mais, même en demeurant au plus près des données de la clinique, l'aléatoire demeure. Il y a ce que l'analyste privilégie et ce qu'il néglige : l'important est qu'il mette en question ses présupposés et ses hypothèses au fur et à mesure de l'évolution ou de l'absence d'évolution du matériel. De ce point de vue, la pluralité des modèles augmente ses ressources. Le point de vue économique hic et nunc sur le transfert et sur le contre-transfert permet leur sélection en évitant dans une certaine mesure l'arbitraire et l'éclectisme pour fonder et laisser ouverte à l'imprévu l'écoute métapsychologique. Encore faut-il, au moment opportun, rompre avec les fausses évidences et la simple relance associative, pour prendre les risques interprétatifs nécessaires pour ne pas s'en tenir aux niveaux conscient et préconscient.
Dans un second temps, à un autre degré de grossissement et d'abstraction, les modèles théoriques doivent être autant que possible articulés dans une conception plus générale du fonctionnement psychique, ce qui ouvre la question des implications épistémologiques et anthropologiques de la psychanalyse. Le meilleur moyen est de les mettre en rapport avec ce qu'il en est dans d'autres domaines des sciences, de la culture et des sciences de la culture. Le jeu des similitudes et différences relance les questions fondamentales comme le montrent bien le travail de J. Canestri et les questions qu'il a suscitées chez S. Faure-Pragier.