You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Dans son rapport, Thierry Bokanowski nous sensibilise dès le début de son texte à l'importance de la qualité de la rencontre entre le patient et l'analyste, soulignant le vacillement ressenti lors de la première séance d'analyse et à la suite de Bion, la situation paradoxale de cet inconnu et de cette terreur susceptible d'apparaître dans la relation analytique. Cette attention portée au vécu contre-transférentiel dès le début de la relation avec le patient me paraît essentielle à considérer, confirmant le propos désormais célèbre de Michel Neyraud : « … le contre-transfert précède le transfert », qui montre l'importance du caractère de réceptivité de l'analyste avant l'installation du transfert.
L'auteur du rapport met aussi l'accent sur certains mouvements psychiques permettant l'expression de traces primaires chez le patient, et l'idée de considérer un ensemble d'angoisses comme des paramètres de la cure et des indicateurs de l'évolution processuelle, en référence à ce qu'il propose de voir comme étant les deux organisateurs du psychisme : la position dépressive et le complexe d'Œdipe, paraît particulièrement intéressante, ces deux organisateurs dessinant pour l'auteur le tableau des identifications primaires et secondaires, constitutives du narcissisme.
Les conceptions de l'auteur amènent ainsi à revisiter la notion d'objet interne primaire, de trauma primaire, d'angoisse primaire et leurs conséquences sur la symbolisation.
Le cas clinique présenté est très illustratif du propos, montrant comment se révèle « un lien de type mélancolique du fait de l'identification à un “objet déprimé“… » et comment derrière « l'habillage paternel… (s'est révélé)… la relation avec son objet maternel primaire ». J'ai été moi-même confronté au cas d'une patiente que j'évoquerai et qui posait des interrogations sur de tels liens avec des objets déprimés, père et mère.