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Pour D. W. Winnicott (1971), le jeu est l'axe principal qui permet le travail psychanalytique chez l'enfant. Nous travaillons aujourd'hui aussi avec des notions développées par R. Roussillon (1999) qui écrit que le travail psychanalytique autant chez l'enfant que chez l'adulte repose sur les trois pôles d'une matrice symbolisante : l'objet, le jeu et le rêve.
Mais le jeu se prête-t-il à développer un processus psychanalytique chez l'enfant ? À nourrir les quatre points cardinaux du processus rappelés par T. Bokanowski dans son rapport : « a) Le transfert ; b) son répondant et à la fois son contrepoint, le contre-transfert ; c) l'interprétation donneuse de sens ; d) le cadre dépositaire de la partie non-Moi du patient » (J. Bleger) ?
Notre réponse est oui mais pour être plus explicite revenons à notre clinique. Bob a fait récemment une psychanalyse avec moi, à raison de trois séances par semaine. Il avait 6 ans quand il a commencé l'analyse, il souffrait d'une névrose phobo-hystérique. Son père avait quitté la maison sans laisser d'adresse quand il avait 2 ans. L'enfant et sa mère étaient allés habiter chez les grands-parents maternels. Son grand-père maternel meurt quand Bob a 4 ans. Suite à ces événements, la mère, qui fréquentait un homme depuis le départ du mari, l'amène souvent à la maison. Cela met Bob en rage contre sa mère. Il a des comportements très agressifs contre le « Kosovar », comme il appelle cet homme, partenaire de sa mère. La grand-mère maternelle a pris Bob dans son lit tous les soirs depuis la mort de son mari. Je n'arrive pas à savoir qui, de Bob ou de cette jeune grand-mère de 45 ans, a le plus peur pour s'agripper ainsi tous les soirs l'un à l'autre. Grand-mère qui accompagne régulièrement Bob à ses séances de psychanalyse et qui prend tout un plaisir à me parler dans sa langue d'origine.