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Le sujet de ce Congrès nous pose de nombreuses questions : la première concerne la légitimité même de la notion de processus psychanalytique, terme de conceptualisation incertaine et difficilement défendable si on l'entend dans sa signification restreinte comme « une succession temporelle qui acquiert une unité par rapport à un état final » (Faure-Pragier).
La deuxième question est de savoir à quel niveau se situe le processus : si celui-ci renvoie à une théorie de l'esprit ou à une théorie de la cure et s'il s'agit d'un modèle descriptif ou d'un modèle explicatif. À partir de ces questions, il en surgit d'autres : ce processus implique-t-il un but à atteindre et par conséquent la prescription des moyens pour y parvenir, ou n'est-il qu'un parcours dont ce qui compte est le voyage ? Doit-on l'entendre comme quelque chose qui se déroule uniquement chez le patient, ou plutôt dans le champ bipersonnel de la relation ? Et encore, s'agit-il d'un déroulement temporel linéaire ou récursif ?
Je voudrais commencer en citant Descartes : « … les angles n'existent pas », affirma-t-il lorsqu'il inventa la géométrie analytique.
En tant qu'individus participant au sens commun, nous partageons une vision du réel fondée sur les représentations des sens et de la conscience. Mais, en tant que psychanalystes, nous partageons le devoir scientifique d'étudier et de décrire ce niveau de réalité contre-intuitif là où cette dernière se manifeste au-delà de la perception des formes géométriques, des personnes et du niveau phénoménique de l'expérience, y compris l'expérience que nous faisons de nous-même et de l'autre au cours d'une analyse.
Le sujet de ce Congrès nous propose à nouveau l'idée que la psychanalyse est une techné, et non une simple Erlebnis. J'entends par là le fait qu'elle se distingue de l'expérience humaine commune car elle se sert d'un système théorique