You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Si j'ai été très intéressé par la lecture des trois rapports proposés à la discussion et qui, chacun à leur manière, apportent des éléments très stimulants à la réflexion psychanalytique ou à son approche épistémologique, je n'ai pas pu m'empêcher cependant d'éprouver un certain embarras face à une ambiguïté qui ne m'était pas apparue aussi clairement avant que la question ne soit posée par notre rencontre. Disons que, comme sans doute tout à chacun, je parlais d'un « processus psychanalytique » sans prendre vraiment garde à ce qu'impliquait ce que j'avançais. Cette locution désignait alors pour moi le processus en cours dans une cure de psychanalyse à un moment donné, ce qui était mis au travail à ce moment-là.
À la lecture des rapports, je me suis avisé que, si je pense bien que la cure est le siège d'un « processus », je ne pense pas, par contre, qu'il existe un « processus psychanalytique » autonome, spécifique et unique, c'est-à-dire ne se rencontrant pas ailleurs que dans la cure de psychanalyse. Ce qui appelle des précisions.
Il est bien vrai que l'expérience psychanalytique est une expérience à nulle autre pareille, mais elle n'est spécifique pour moi qu'en ceci qu'elle est une expérience traversée de bout en bout par la question du processus de symbolisation, qu'elle est organisée, fondée, vectorisée par cette activité fondamentale de la psyché humaine, exclusivement, là où, ailleurs, dans la vie, la symbolisation se mêle et s'entrelace à d'autres enjeux. Pour faire vite et aller à l'essentiel, cela implique une définition du processus de symbolisation comme le processus par lequel ce que Freud a appelé la « matière première » psychique - et qui est un composé complexe et énigmatique multi-pulsionnel, multi-sensoriel, multiperceptif, qui mêle le dedans et le dehors, le moi et l'autre, l'objet - va pouvoir prendre forme, se décondenser et se déplier pour conquérir un sens représentatif et subjectivement appropriable. Dans cette conception, la réalité psychique