You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
C'est au médecin-philosophe-physicien allemand G. T. Fechner que Freud a emprunté le terme physiologique d' « excitation », lui conférant ainsi une nouvelle dimension dont les développements métapsychologiques s'avéreront rapidement fondamentaux. Dès les Études sur l'hystérie en 1895, Freud et Breuer développent leur conception de l'abréaction qui laisse apparaître déjà la notion d' « excitations pathogènes » à décharger. C'est à la fin de cette même année que Freud rédige l' « Esquisse d'une psychologie scientifique » ; l'étude de l'excitation est au tout premier plan au côté du « principe d'inertie » et de la fonction régulatrice et apaisante de la décharge.
Pour Platon, la recherche de la satisfaction du corps était vaine et l'excitation, mère de l'illusion. Seule l'âme pouvait calmer le corps grâce à une démarche vertueuse fondée sur le recueillement qui conduit à la sagesse. Dans cette démarche ascétique, il s'agissait de tenter d'abolir la tension et de transcender les contraires ; il faut s'élever, se purifier et réduire les différences…
Depuis l'arc réflexe, la décharge est associée à l'excitation, mais la décharge n'est pas le seul moyen d'accéder à la satisfaction : par exemple, l'augmentation de la tension permet le nécessaire prélude à toute satisfaction et elle doit être investie en elle-même - plaisir préliminaire, masochisme minimal indispensable - afin d'assurer l'attente de la satisfaction hallucinatoire comme l'investissement de la représentation objectale qui constituent le désir. Les comportements auto-érotiques visent à obtenir une satisfaction sexuelle, une décharge d'excitation, sans la participation d'une autre personne. Du fait du développement psychosexuel depuis l'enfance, les conduites auto-érotiques sont susceptibles de concerner de nombreuses parties du corps tout comme l'activité intellectuelle.
Comment rendre compte du fait que ce qui excite peut aussi calmer ? Freud, dans les Trois essais sur la théorie de la sexualité s'en étonnait déj