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Le bruit que Freud provoqua dans la théorie et la communauté psychanalytique en introduisant le concept de pulsion de mort vient obscurcir paradoxalement un autre aspect fondamental du nouveau développement théorique, sans lequel le concept de pulsion de mort ne peut pas être pleinement compris. Je fais allusion au changement que subit le concept de libido pendant la révolution des années 1920. La libido est ainsi reconceptualisée de manière importante, puisque jusqu'alors considérée comme l'expression pulsionnelle d'un mouvement de recherche d'un objet permettant la décharge de l'excitation, et avec celle-ci l'obtention d'un plaisir, elle devient maintenant l'expression la plus authentique de la force et de l'activité d'Éros, qui tend à l'organisation d'unités de plus en plus grandes. Fasciné par sa nouvelle intuition de la pulsion de mort, qui ne lui permet déjà plus de « penser autrement », Freud laisse quelque peu de côté l'importance de cette nouvelle conception de la libido, bien qu'il y fasse référence à plusieurs reprises ; je crois que le concept exige une plus grande attention théorique que celle qu'on lui a prêtée jusqu'à présent.
La révolution théorique freudienne des années 1920 vient se produire précisément lorsque, selon la pensée de Freud, l'objet - qui est de plus en plus l'autre (ce qu'André Green appellera l'autre semblable) - se constitue en aspect fondamental et constituant du sujet lui-même, « toujours effectivement intégré [l'autre], en tant que modèle, objet, auxiliaire ou adversaire ; la psychologie individuelle est ainsi, en même temps et depuis le début, psychologie sociale dans un sens large, mais pleinement justifié » (Freud, 1921).
Bien qu'il soit certain que l'on peut, comme André Green le signalait récemment (2002), souligner dans l'œuvre de Freud l'absence de développement