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L'excitation, sous sa forme physique ou physiologique, dont on sait qu'elle a constitué le point de départ de la notion d'excitation psychique pour Freud, est une notion dont l'aspect solitaire est manifeste. Dans ses formes les plus pathologiques, elle a tendance à le rester, du fait de la décharge répétitive qui court-circuite son élaboration et sa transformation en lien psychique, ou en action spécifique visant un objet investi. Mais, même dans les cas les plus graves, je préfère imaginer qu'elle reste toujours plus ou moins un appel, au même titre que l'angoisse ou se substituant à elle lorsque celle-ci ne peut se communiquer. Car une excitation non transformée est une énergie en souffrance.
Quand j'évoque un appel, j'ai à l'esprit une image qui m'a beaucoup aidé à comprendre certains de mes patients, au-delà du langage ; celle d'un nourrisson qui s'agite, « pédale » des bras et des jambes pour qu'on le prenne dans les bras, pour qu'on l'investisse, qu'on lui parle, lui donne à manger ou qu'on prenne en compte tout autre besoin que l'objet investi doit être capable d'entendre. Souvent bien sûr il a déjà crié, ouvrant la voie, comme Freud l'avait déjà noté dès l' « Esquisse » (1895), à la future communication verbale. Cependant, si, lorsque l'objet investi approche, les cris cessent en général, ce n'est pas le cas de l'agitation, de l'excitation visible de l'enfant qui redouble au contraire. Encore faut-il que l'objet s'approche, et manifeste sa bonne volonté. Sinon, l'excitation conduira à une forme de décharge solitaire, invisible, et à fort devenir pathogène.
En effet, ce dont il s'agit avant tout, c'est que l'objet s'offre au difficile travail d'élaboration de cette excitation, et indique les voies appropriées pour son apaisement, non seulement par la satisfaction, mais aussi par la voie de la