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L'excitation, c'est la vie. L'excitation est pulsation de l'organique, activité du somatique ; les cellules du vivant ne sont jamais au repos. Les enregistrements cardiaques ou cérébraux, le mouvement des images échographiques et des résonances magnétiques, un frémissement villeux ou le cheminement de quelque globule, viennent en témoigner chaque instant. Sans excitation, pas d'émotions, pas de sensations, pas de pensée ni d'action. Mais la vie ne serait pas possible si cette excitation, activité physiologique permanente que l'on peut inférer d'une énergie vitale, n'était pas régulée en permanence par des processus que les scientifiques ne cessent de traquer.
Les phénomènes psychiques, étayés sur le somatique, ont leur part dans les processus de régulation. Ils prennent en compte l'humain, l'interhumain. En étudiant le fonctionnement des instincts, des besoins et sans faire l'impasse des désirs, J. D. Vincent [28] montre bien l'enchevêtrement du biologique et du psychique. L'excitation n'est viable que si elle s'organise. Ni trop, ni trop peu, et pas n'importe comment. Le fait qu'elle prenne sens pour le psychisme en est une condition.
Freud, on le sait, écrit en 1905 [13] que l'excitation est la source de la pulsion. Cette dernière, « à la limite des domaines psychique et physique », est le « représentant psychique de l'excitation provenant de l'intérieur de l'organisme ». La pulsion suppose donc « un certain travail psychique » de représentance de l'activité physiologique continue qu'est l'excitation. Le but de la pulsion est la satisfaction, c'est-à-dire l'apaisement des tensions internes que l'excitation interne, organique, engendre.
Est-il alors pertinent, pour un psychanalyste, de s'interroger sur l'excitation et non seulement sur la pulsion ? C'est pourtant ce à quoi, naguère et à nouveau, nous nous essayons [7].