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La dynamique de l'affect au sein du couple analytique apparaît telle une boussole essentielle quant au déroulement de la cure. L'affect représente la part qualifiée, liée aux figurations et représentations d'un quantum énergétique, d'une « somme d'excitation » qui, s'originant dans le soma, parcourt l'appareil psychique. La transformation d'énergie en affects largement sollicitée par le site analytique est une exigence de travail qui peut se voir débordée et, dès lors, être source d'un accroissement d'excitation non qualifiée ou dont la qualification encore très relative, à la frontière du somatique et du psychique, est le développement d'angoisse automatique.
L'hypothèse de la construction de l'affect, que l'on repère dans l'évolution de la théorie de l'angoisse (1926), peut aussi être déduite d'un passage de « Le moi et le ça » (1923) [8], où Freud évoque un « autre chose » qualitativement et quantitativement qui correspond à l'affect au niveau des processus psychiques. Ces vues étaient, à mon sens, annoncées dès les années 1894-1895 dans la conception du mécanisme de la névrose d'angoisse (« Manuscrit E » [3], « Qu'il est justifié de séparer de la neurasthénie un certain complexe symptomatique sous le nom de “névrose d'angoisse” » [5]). À ce sujet, Freud décrit un mécanisme de conversion d'une tension somatique (sexuelle) en angoisse, réaction qualitativement non spécifique.
L'induction d'un certain degré de névrose actuelle par la mise en place du site, ses aspects frustrant, la règle d'abstinence n'a rien d'exceptionnel.
Pour Freud, en 1894 [3], l'état de tension somatique résulte d'un défaut d'élaboration psychique, d'une « coupure entre l'excitation somato-sexuelle et le groupe de représentations sexuelles ». La tension s'accumule par défaut de libido psychique (relatif ou absolu) et se décharge en angoisse. Il convient de