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John Katzenbach, dont L'analyste est le cinquième roman traduit en français, n'est pas psychanalyste. Fils d'un attorney général des États-Unis, il étudie la littérature, devient reporter criminel, puis chroniqueur judiciaire. Considéré comme un des maîtres actuels du thriller dit psychologique, il nous plonge depuis son premier roman (In the heat of the summer, 1982) dans l'univers terrifiant des psychopathes.
Avec L'analyste (grand prix de littérature policière, 2004), il nous entraîne dans le récit d'une vengeance sans limite, où les crimes en série, reliés par un fil invisible qui défie l'imagination, s'insèrent dans un plan qui assure l'impunité du tueur.
Le travail de l'analyste, c'est bien connu, ressemble à s'y méprendre à celui de l'enquêteur dans une affaire criminelle. L'un comme l'autre ont à démêler l'écheveau d'une série vertigineuse de vérités et de mensonges. Cette tâche ne requiert cependant pas du premier l'urgence qui s'impose pour le second… sauf si un psychopathe assoiffé de vengeance, incarnation du mal absolu, vient brouiller les règles du jeu analytique. Au fait, notre psychopathe les brouille-t-il, ces règles, ou les respecte-t-il au contraire au pied de la lettre ? Difficile de se prononcer.
Ici, l'étrangeté ne se contente pas d'être inquiétante: elle est terrifiante. Qui dans ce jeu est l'analyste et qui le patient ? Et qui est quoi ? À cette question, l'un des mauvais génies de cette histoire diabolique répondra: « Je suis qui je suis. C'est extrêmement bizarre. » Où est le vrai, où est le faux quand le mensonge s'avère être vérité et la vérité mensonge ? Pire, quand ce qu'on voit de ses yeux n'est pas forcément vrai, bien qu incontestablement réel ?