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L'auteur, avant d'être devenu psychanalyste et membre titulaire de l'Association psychanalytique de Buenos Aires, a eu une formation de chercheur dans le domaine des neurosciences en Argentine et aux États-Unis. Son parcours a sans doute permis de donner un relief très original à sa pensée, en dehors des sentiers battus. Au cours de son premier chapitre, Julio Moreno se demande quel trait caractérise l'être humain, ce qui le différencie de l'animal et des machines. L'auteur - en s'appuyant sur différentes perspectives théoriques qui vont de la psychanalyse, la philosophie, l'anthropologie, l'histoire, jusqu'à la physique et la biologie - propose une thèse non habituelle lorsque l'on parle de l'être humain: « L'humain de l'humain, est d'un point de vue biologique, une faille de son animalité. » Paradoxalement, c'est cette faille comme animal qui lui aurait permis de changer constamment ses habitudes et d'évoluer, à la différence des idées reçues selon ce qu'en fit l'auteur, contrariant les lois de Darwin. L'être humain aurait évolué de manière bien plus complexe que d'autres espèces, qui sont, elles, déterminées par leur génome.
L'auteur rappelle que les chercheurs ont avancé dans leur connaissance du comportement animal en étudiant non seulement l'aspect animal de l'être humain, mais aussi, et ceci peut surprendre, combien les animaux peuvent être « humains ». Et l'auteur souligne le paradoxe que, plus on démontre que les animaux possèdent des qualités qui auparavant étaient considérées comme humaines, plus on s'interroge sur le fait qu'ils ont eu cette capacité pendant des millions d'années et pourtant qu'aucune de ces qualités n'a réussi à se développer. Pourquoi les primates, malgré leur système de signes et leur intelligence, n'ont pas réussi à changer leur mode de vie en 10 000 000 d'années, alors qu'il y a 40 000 ans il s'est produit un énigmatique saut qualitatif difficile à décrypter. Pour Moreno, ce qui est spécifique à l'être humain est sa capacité de varia