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Si un désir conscient de changement motive le recours à une analyse, l'amélioration d'un état de fonctionnement psychique, et son ressenti subjectif, est loin de se réaliser selon des attentes prédictibles. Au mieux, les patients constatent que « ce n'est plus comme avant » (l'analyse); cependant, les raisons et causes de ces changements demeurent en large partie un terrain de recherche en psychanalyse. En d'autres termes, ces types d'interrogations touchent à la fois l'objet de l'investigation, ladite réalité psychique, et l'efficacité du procédé analytique en rapport à la malléabilité de son objet. Or, nous savons aussi que tout objet d'investigation (traitement) est tributaire de la méthode adoptée pour l'aborder et qui, à son tour, le construit. C'est ainsi que l'un interroge la pertinence de l'autre dans une dialectique de réciprocité. C'est par l'invention de la méthode analytique et de son application en clinique que Freud sera amené à identifier l'activité d'une réalité autre, proprement psychique (hallucinatoire, fantasmatique, de nature inconsciente). La question du potentiel de transformation de cette réalité par la méthode psychanalytique était ainsi posée, tant du point de vue théorique que pragmatique.
Ce numéro du JPE cherche à faire travailler, par des articles théoriques et quelques excellents articles plus cliniques, cette question et les éléments qui la composent. Soit d'une part ce que l'on désigne par « réalité psychique » - l'objet - et d'autre part ses possibles « transformations », susceptibles alors d'être sensibles à la spécifique procédure psychanalytique - la méthode. C'est sans surprise que nous constations combien ces questions ont déjà une longue histoire dans la pensée analytique, avec des conceptions fortes - celles de Freud, Klein, Bion par exemple - et qui, d'ailleurs, ne se prêtent pas immédiatement à un recoupement, comme rappelé par Elisabeth Leje