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Parler aujourd'hui du travail psychanalytique en face à face, c'est prendre acte à la fois d'une continuité et d'une nouveauté.
Une continuité : si l'analyse reste la référence de tout travail pratiqué par un psychanalyste, si la cure analytique reste, idéalement, ce qui exprime le mieux la spécificité de la psychanalyse, il n'en demeure pas moins que, dès les origines, la psychanalyse n'a cessé de produire des cadres et des modalités différents. Ce furent les premières interrogations de Ferenczi sur les traumatismes précoces et les difficultés, voire les limites qu'elles pouvaient opposer au cadre classique de l'analyse. On eut la psychanalyse d'enfants, initiée par A. Freud et M. Klein, qui est pratiquement devenue aujourd'hui une branche à part entière de la psychanalyse. Par la suite, la psychanalyse a aussi investi le champ de la médecine dite psychosomatique. Des auteurs comme Pasche, Lacan, Racamier, Piera Aulagnier, Searles, qui recevaient les patients psychotiques dans des consultations hospitalières, convainquirent que la psychanalyse ne concernait pas seulement les névroses et ne se limitait pas seulement à la cure type. À la suite de Bion, Anzieu, Kaës, se développa aussi la psychanalyse de groupe. Enfin, le psychodrame analytique, très différent de celui de Moreno, permit de traiter des patients dont la capacité de verbalisation était entravée.
Cependant nous sommes aujourd'hui confrontés aussi à des situations nouvelles. Deux points particulièrement sont à souligner. Tout d'abord, il existe un consensus pour reconnaître que les patients se présentent de plus en plus souvent avec des symptômes autres que ceux des névroses dites « classiques ». Il y a une prégnance du questionnement narcissique, voire des pathologies du narcissisme, avec, d'une part, une difficulté à la subjectivation, des modes d'expression privilégiant l'acte et le corps, d'autre part, une vulnérabilité extrême quant à l'estime de soi, et au regard porté par autrui (Cahn, 2003). Ce sont