You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Il m'a semblé important d'essayer de faire travailler une opposition théorico-clinique qui parcourt la question du travail psychanalytique. Cette opposition concerne la conception de la psychanalyse définie, d'une part, en tant que « traitement » et, d'autre part, en tant que « soin ». En m'appuyant sur diverses recherches lexicologiques, je suggère que la notion de « traitement » suppose l'établissement d'un protocole, sa prescription, puis son application ; la notion de « soins », quant à elle, contient les caractéristiques de la notion de « traitement », au point que nombre de dictionnaires les considèrent comme synonymes. Toutefois, le dictionnaire de l'Académie française donne cette définition, je cite, « Soin : se dit particulièrement, surtout au pluriel (…) des attentions1 qu'on a pour soulager un malade. Soin, au pluriel, se dit encore des attentions qu'on a pour quelqu'un : Il lui prodigue les soins les plus empressés. Il a pour lui les soins les plus délicats. » Le dictionnaire de l'Académie donne l'exemple suivant : « Être aux petits soins auprès de quelqu'un, avoir pour lui les attentions les plus délicates, veiller à ce que rien ne lui manque. » Comme on le voit dès à présent, la différence essentielle entre « traitement » et « soins » concerne l'engagement affectif de celui qui les prodigue, comme le suggère d'ailleurs la locution : « prendre soin de quelqu'un ».
Je proposerai volontiers l'idée que cette différenciation entre « soins » et « traitement », dans le domaine du travail psychanalytique, est heuristique pour rendre compte de l'évolution des conceptions du travail psychanalytique et de leur complexification.
En commençant à réfléchir à cette opposition, je me suis aperçu que Freud avait, avec une rare constance, considéré la psychanalyse comme un traitement, et avait plus précisément comparé, au moins jusqu'aux années 1920, la pratique