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Pourquoi proposons-nous à nos patients un face à face ? Qu'est-ce qui nous fait penser pour ce patient que le face à face sera le plus adapté ? Et ce en dehors des cas où nous avons peu d'espoir d'évolution (psychoses avérées) et de ceux où d'emblée le « soutien » s'impose, avec tout ce qu'il a de non analytique. Quel est l'impact du visuel dans le travail analytique des deux protagonistes ?
L'intitulé de ce numéro m'a immédiatement rappelé trois remarques.
La première est de Victor Smirnoff, lors d'une réunion destinée aux analystes en formation de l'Association psychanalytique de France, en forme de constat : « Il y a des thérapies dans lesquelles à un moment on est amené à se dire : mais c'est de l'analyse ! » Cette phrase m'avait interpellé et aidé à sortir d'une vision négative dans laquelle je m'enfermais en dévalorisant la pratique du face à face par rapport à la cure type. Smirnoff annonçait une prochaine conférence sur la thérapie, conférence qui n'eut jamais lieu, le sujet ouvrant peut-être trop de conflit potentiel dans un lieu destiné à la transmission de l'analyse. Smirnoff posait implicitement la question de l'adéquation pour un travail analytique d'une modification du cadre vers le face à face avec tout ce que cela soulève du côté des idéaux, incluant non seulement la propre analyse de l'analyste, sa formation mais aussi son institution.
La deuxième est de Vladimir Granoff : « Toute notre clinique est dans notre cadre. » Formule me paraissant aussi juste que condensée, et qui pose la question des effets de toute modification d'un élément sur la clinique même. C'est cet aspect que je tenterai de développer. Non pas du côté de ce qui serait une hypothétique description clinique objectivante d'un patient, qui amènerait à poser une indication de divan ou de fauteuil, mais : quel cadre va me permettre,