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Comme tout autre travail psychanalytique, le face à face psychanalytique engage et actualise la réalité psychique du patient, il ne va donc pas de soi. Tenter de mieux saisir les mouvements qu'il promeut en raison de sa forme, voire parfois paradoxalement en raison de ses limites est l'objet de mon propos.
La question n'est pas nouvelle. Lorsque Freud traite du « cérémonial imposé pendant les séances », il développe dans un passage bien connu les motifs, dont le confort, qui participent à son choix du dispositif de la cure analytique avant de conclure, non sans humour : « Je sais que beaucoup d'analystes agissent autrement, mais j'ignore si c'est le simple désir de procéder autrement ou si ce sont les avantages qu'ils y trouvent qui est le mobile de cette modification1 ». S'il est maintenant communément admis que ce qui est bon pour un grand nombre d'analysants et qui fonde le dispositif de la cure type s'avère dans certaines conjonctures cliniques un obstacle, il est toujours intéressant de creuser davantage les spécificités du processus et du transfert tels qu'ils se déploient dans le face à face psychanalytique.
À travers la métaphore du petit bassin qui m'a été suggérée par une patiente pour désigner ce dispositif, je souhaite rendre compte de l'utilisation que peut en faire un analysant en mal de subjectivation ou d'organisation tolérable de la passivité, cela d'autant plus que la passivation entrave le travail de subjectivation. Dans le meilleur des cas, avoir pied permet à l'analysant de jouer à le perdre, de se laisser pénétrer et déstabiliser par ce qui vient de soi et de l'autre, de se laisser porter, de pouvoir s'immerger à petit courant et tout en gardant le « fond » à portée de vue. Dans sa polysémie, le petit bassin engage aussi le corps, son axe autant que son intérieur, de même le féminin dans les deux sexes.