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Le fait que n'importe qui puisse se dire psychothérapeute ou psychanalyste est, en France, une liberté qui n'est pas sans effets fâcheux, voire dramatiques dans l'inégalité actuelle de l'accès à l'information, selon les relations, selon les milieux, selon les régions et parfois selon la gravité de la pathologie. Il est évident que ce ne sont pas les gens bien informés qui s'y laissent prendre, mais le grand nombre de ceux qui n'ont aucun repère pour distinguer, en matière d'aide psychologique, ce qui est valable de ce qui est inefficace ou dangereux.
La demande d'aide psychologique et d'écoute personnalisée a entraîné l'augmentation exponentielle de psychothérapies en tout genre. L'image du « psy », venue de la psychanalyse (qui bénéficie en France, non sans ambiguïté, d'une grande influence dans la culture), est floue et l'importance des qualités humaines, ou de l'habileté à le faire croire, explique la multiplication anarchique des « psy » qui ne s'autorisent que d'eux-mêmes. Du point de vue de la liberté d'entreprendre, pourquoi pas ? On pourrait croire que la régulation du marché assure la sélection des « psys » les plus aptes et laisse sans patients les plus incompétents. Malheureusement, il n'en est rien parce qu'il s'agit d'une consommation non réductible à d'autres. La souffrance, parfois la détresse rendent aveugle et le premier venu capable d'un minimum de disponibilité polarise les attentes et les espoirs. D'où l'exploitation de la misère morale, de la crédulité, des formes régressives de dépendance, de passivité et de masochisme par des soi-disant psychothérapeutes de plus en plus nombreux. Le fait que des sectes recrutent souvent par de soi-disant psychothérapeutes a alerté les pouvoirs publics, notamment à la suite du drame du « Temple solaire » en Savoie.
Du point de vue juridique, il n'existe aucune disposition protégeant les « usagers » des psychothérapeutes auxquels ils se fient. Les victimes éventuelles