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Le colloque « René Diatkine », organisé par André Green en octobre 2004 à Deauville sur le thème du « Tiers analytique », a déployé la fécondité actuelle du concept devenu véritable ouverture stimulante de nouvelles lignes de recherche théorique et d'éclairage des situations limites dans la clinique.
Si André Green et Thomas Ogden ont permis par leurs travaux respectifs de faire exister la notion de « tiers analytique » comme une conceptualisation nouvelle et de voir sa définition progressivement se préciser, l'idée même du tiers paraît aujourd'hui consubstantielle à la psychanalyse.
Elle prend ses sources dans le recours par Freud à la tragédie d'Œdipe roi, association d'idée qui se présente à lui pour mieux dire sa découverte de l'engagement des courants pulsionnels vis-à-vis des objets parentaux dans une conflictualité dorénavant triangulaire. Après une première allusion dans le manuscrit N du 31 mai 1897, sa lettre du 15 octobre de la même année s'y réfère explicitement : le mythe grec met en valeur une compulsion que chacun reconnaît pour avoir perdu en lui-même les traces de son existence.
Sans jamais proposer un exposé systématique spécifiquement consacré à Œdipe, la double valence du complexe sera une référence constante dans les écrits des cas cliniques ou des essais sur la sexualité. Dans les textes de 1923, 1925 et 1931, le travail sur les modalités d'entrée dans le complexe d'Œdipe et la possible « liquidation » de celui-ci amènent Freud à briser les éventuels effets de miroir entre l'évolution psycho-sexuelle du garçon et celle de la fille en re-positionnant la différence sexuelle sur une dissymétrie fondamentale. Ne pourrait-on dire alors que la dissymétrie est tiercéisante en dégageant la différence et le couple du spectre du double ?
Si la femme dans sa fonction de mère est le premier objet d'investissement du bébé qu'il soit garçon ou fille, la place du père-réalité, du père-censure, du père-contenant, en somme celle du père dans ses différentes figurat