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Dans le cadre d'une unité de soins située dans une maison d'arrêt, j'ai rencontré avec mon équipe de nombreux prévenus ou détenus ayant commis des actes graves de violence. J'avais, comme psychiatre, psychanalyste, la responsabilité de ce Service médico-psychologique régional (SMPR).
On sait combien les délinquants sont réputés être peu accessibles aux soins. Pour ma part, je me suis appuyé sur l'esprit d'ouverture au dialogue, impulsé par l'entretien systématique réalisé par l'un ou l'autre de mes collaborateurs avec tout arrivant dans la prison (près de 1 000 par an). Nous nous sommes dégagés des catégories nosographiques pour offrir une voie thérapeutique tant aux délinquants ordinaires qu'aux auteurs de crimes les plus terrifiants. Pour ces derniers, les préparatifs du procès demandaient parfois plusieurs années et les peines prononcées étaient lourdes, de cinq à quinze ans de réclusion. Ils auraient dû purger leur peine en Centrale mais j'avais la possibilité de les garder dans mon service le temps que j'estimais nécessaire à la poursuite d'un travail thérapeutique.
Ce sont ces patients-là dont je vais parler car ils vont nous mener à l'orée de la vie psychique, bien loin d'une tiercéité établie.
Pour autant je n'ai pas négligé les autres bien entendu, ceux qui s'adonnent épisodiquement à un « passage à l'acte ». Ils font preuve d'un certain degré de mentalisation en général. Par opposition je parle de « recours à l'acte », lorsque celui-ci semble être la seule échappatoire à une « destructivité néantisante » pour reprendre le terme de Green, se substituant à celui de « pulsion de mort » prêtant à de nombreuses critiques, on le sait. Je signale que ces deux types de population relatifs au « passage à l'acte » et au « recours à l'acte » ont fait l'objet d'un tableau pertinent caractérisant leurs