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C'est en novembre 1989, au Colloque de l'Unesco, « Psychanalyse : questions pour demain », que j'ai entendu André Green développer l'intérêt pour la théorie analytique, de la conception de la tiercéité de Charles Sanders Peirce. En particulier, le concept peircien de Representamen qui renvoie « à l'ensemble des formes de représentation et pas seulement aux représentations de mots ». Attirait-il déjà l'attention sur ce que nous savons aujourd'hui de façon évidente à savoir combien la pratique analytique contemporaine est confrontée à l'urgence d'une théorie de la représentation à l'échelle de l'hétérogénéité de l'ensemble des modes d'intelligibilité de la vie psychique ? L'année suivante, devant la Société psychanalytique de Paris, il tiendra une conférence sur la tiercéité.
Je dois dire qu'à cette époque, tout en étant très intéressée par la généralisation de la triangulation en tant que logique inconsciente, il me semblait qu'il y avait une différence fondamentale entre la psychanalyse et la doctrine des signes de Peirce, entre la valeur du sens en psychanalyse et celle de la conception peircienne où la production du sens obéissait à une sorte de programme ontologique de l'articulation des entités de types déterminés : icône-indice-symbole. J'avais le sentiment que l'on courait le risque d'une réduction malheureuse de l'analyse du rêve à celle des rêves « typiques », comme si on lui dérobait la complexité deladynamiquede ses processus inconscients. Aujourd'hui, je vois les choses différemment.
J'ai appris de mes lectures que le projet initial de ce philosophe américain hors pair était de fonder une théorie rationnelle, non pas des signes, mais de la pensée. Au cours des années 1900, avant l'élaboration de sa sémiotique, de la