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Dans la présentation de son rapport de congrès de 1989 sur la symbolisation, parcourant l'histoire des conceptions du symbole, Alain Gibeault cite Charles Sanders Peirce pour qui le signe est « quelque chose qui tient lieu pour quelqu'un de quelque chose sous quelque rapport et à quelque titre ». Cette théorie triadique du signe (deux éléments peuvent se substituer l'un à l'autre pour un sujet donné) est moins restrictive que celle de Ferdinand de Saussure, elle implique une relation de substitution, elle n'est pas seulement formelle puisqu'elle implique un sujet pour saisir la relation, et elle s'élargit, au-delà du signe linguistique en une sémiotique générale. Il faudrait ajouter, d'ailleurs, qu'elle relève d'une logique générale.
Il n'est donc pas nouveau de voir les psychanalystes s'intéresser à la pensée de Charles Sanders Peirce. André Green s'y réfère fréquemment pour sa conception de la tiercéité, car Peirce, d'une part, pense l'articulation entre la priméité (l'affect) comprise comme « substance de l'âme », la relation dyadique vouée à la circularité et la relation triadique qui seule permet la symbolisation ; d'autre part, il permet de penser le rapport de la linguistique (dont l'objet est le langage et donc les représentations de mot) à la sémiologie qui inclut la représentation de choses. Lacan cite onze fois Peirce dans son Séminaire, dès 1960 où il évoque sa définition du signe, et jusqu'en 1977 : autour de la question de la logique et du quadrant entre 1968 et 1971, à propos de la logique ou du triangle sémiotique entre 1972 et 1974, et pour parler de logique et de relation trinitaire ou ternaire en 1976 et 1977. Il est vrai qu'il l'évoque chaque fois sans s'y attarder, mais A. Green pense qu'il lui doit beaucoup. Notons que le signifiant lacanien diffère du signe de Peirce en ce que ce dernier signifie quelque