You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Je suis honoré d'avoir été invité à contribuer à ce numéro spécial1 consacré au tiers analytique — un concept qui, au cours de ces dix dernières années, est devenu pour moi un élément indispensable de la théorie et de la technique, sur lequel je m'appuie dans chaque séance analytique. Dans cet article, je me réfère à de précédentes contributions cliniques et théoriques (Ogden, 1994 a, 1994 b, 1999) afin d'essayer de rassembler dans un même texte de nombreux éléments de ma pensée sur le sujet du tiers analytique2. Comme je le développerai, je considère le mouvement dialectique de la subjectivité individuelle (de l'analyste et de l'analysant comme individus séparés, chacun avec sa propre vie inconsciente) et de l'intersubjectivité (la vie inconsciente que le couple analytique crée conjointement) comme un phénomène clinique central de la psychanalyse, que presque toute pensée analytique clinique essaie de décrire en des termes toujours plus précis et féconds.
Ma propre conception de l'intersubjectivité analytique constitue une élaboration et extension de l'idée de Winnicott (1960) selon laquelle « [en dehors de la composante maternelle] un nourrisson, cela n'existe pas » (p. 39 n.). Je pense que, dans un contexte analytique, il n'existe pas d'analysant en dehors de la relation à l'analyste, ni d'analyste en dehors de la relation à l'analysant. Cette affir-mation maintenant très connue de Winnicott est, me semble-t-il, intentionnellement incomplète ; elle suppose que l'on comprendra que l'idée selon laquelle un nourrisson cela n'existe pas tient d'une hyperbole ludique et représente un élément