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Le mouvement psychique d'expulsion hors de soi est l'un des plus élémentaires, mais aussi des plus décisifs puisqu'il permet ou reprend la différenciation entre soi et non-soi, et inaugure les transformations qui permettront les retournements pulsionnels nécessaires à l'accès aux positions subjectives. C'est à partir de trois notes cliniques relativement simples, qui témoignent de recours très différents au même mouvement d'expulsion violente hors de soi indiqué par le terme de « cracher », que je voudrais :
1 / montrer le procès de tiercéité qui s'instaure dans la situation analytique pour que la force fasse sens ;
2 / réfléchir aux formes et figurations des motions pulsionnelles qui font qu'une séance est une nouvelle inscription de la représentance pulsionnelle, qui porte nécessairement la marque du tiers ;
3 / penser, en référence aux théories du signe proposées par la sémiotique de Peirce, les niveaux et les médiations de ce procès de signification qui se poursuit dans le dialogue interanalytique et l'élaboration théorique.
Le terme « cracher », qui va apparaître dans chacune des séances évoquées, est-il un signifiant ? Oui, en ce qu'il est prononcé par chacune de ces patientes dans des énoncés en langue française et qu'au niveau du code de la langue il renvoie à une définition (un signifié) relativement claire et délimitée. Mais le sens du mot est ici un leurre : la charge d'affect, le niveau d'organisation représentationnelle, la portée intersubjective et intrapsychique du même terme peuvent être extrêmement hétérogènes et renvoyer dans la relation transférentielle à des significations incommensurables. En revanche, l'homonymie dont témoigne le signifiant est l'indice (au sens de Peirce) d'un mouvement