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Le mysticisme, et ses lueurs ou ses feux, tiennent une place finalement assez grande dans La comédie humaine. Nombre des romans et nouvelles qui la composent comprennent des personnages - essentiellement des personnages féminins - dont le destin côtoie le mysticisme : Mme de la Chanterie, le personnage de Louise dans Mémoires de deux jeunes mariées, celui d'Antoinette de La Duchesse de Langeais… Mais les personnages impliqués dans les trois textes que Balzac avait publiés dans le volume qu'il avait titré Le livre mystique, y sont directement confrontés.
On peut penser que cet intérêt pour le mysticisme est lié chez Balzac à la fois à ses propres capacités d'exaltation, à sa façon de gérer ses propres aptitudes dépressives, mais aussi au mysticisme cultivé par Mme Balzac mère2.
La mère de Balzac ne faisait pas que présenter des penchants mystiques, elle s'intéressait activement à la pensée mystique ; elle connaissait en particulier le système de Swedenborg à travers le livre d'un théosophe nantais, Édouard Richer, auteur de La Nouvelle Jérusalem, qu'elle était allée rencontrer à Nantes. Ce personnage, swedenborgien et adepte du magnétisme, qui considérait que le magnétisme lui avait expliqué tel « mystère de la religion » a eu une influence réelle sur sa visiteuse. Quant à Balzac lui-même il a lu de nombreux livres traitant non seulement de religion mais de théosophie, de doctrines gnostiques dont il était imprégné. Il écrira à Mme Hanska : « Le swedenborgisme qui n'est qu'une répétition dans le sens chrétien d'anciennes