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L'idée puis la notion même du tiers ont dans la psychanalyse une histoire intéressante qui les fait surgir de la problématique même du double.
À partir du moins d'une certaine date, les travaux de S. Freud semblent à première vue tout entiers dominés par la représentation manifeste ou cachée de la triangulation Œdipienne. Mais ses premières recherches concernant le travail thérapeutique sont marquées d'abord par la fascination qu'exercent sur lui ses relations privilégiées avec des partenaires tels que Breuer puis Fliess, et par sa passion pour l'exploration des rêves, ces produits du Moi nocturne dans lesquels peut venir se mirer et se jouer le Moi diurne. On est frappé aussi par le modèle sur lequel repose longtemps sa relation thérapeutique avec ses patients. Il y s'agit également d'une problématique duelle dans laquelle la toute-puissance interprétative et la bienveillance du thérapeute sont opposées au mal-être et aux plaintes du patient, auquel il est généreusement secourable.
Tout se passe comme si Freud ne prenait que lentement conscience de l'attrait omnipotent qu'exerce sur lui la relation duelle, qui est en quelque sorte spéculaire, entre ses doubles, maîtres, collègues, disciples ou patients et lui-même. Le triomphalisme de son mot célèbre à propos du rêve de « l'injection faite à Irma » (juillet 1895) est sans doute le sommet à partir duquel il découvre dans cette première position la formidable séduction qu exerce sur lui son propre génie interprétatif. Les mois suivants vont ouvrir la voie à une inquiétude sur le pouvoir de comprendre, tandis que s'avancent l'âge et les difficultés de santé de son père, bientôt suivies de son décès en 1896. c'est à ce point que le double tout-puissant primitif (identification peut-être à la mère créatrice omnipotente ou au couple idéal des parents combinés) laisse une place