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On peut, au jeu d'une certaine particularité de la psychanalyse française, en relever une composante centrale : le champ référentiel constant de travail qu'est l'Œuvre de Freud.
Il ne s'agit pas d'un retour régulier aux textes comme d'un retour « en soi », mais d'un mouvement incessant confrontant l'Œuvre « originaire » aux travaux des post-freudiens les plus éminents, et réciproquement. Cet « originaire » - pour poursuivre la métaphore - est ainsi à nouveau enrichi par les relectures, créant des séries d'après-coups pour la pensée psychanalytique et son histoire. Ne prenons comme exemple concret de cette lecture processuelle que celui des textes de Freud des années 1890, en ce qu'ils ont nourri la réflexion des psychanalystes psychosomaticiens de l'École de Paris.
À l'intérieur de ce mouvement se situe celui de la place donnée à la triangulation dans tous ses états, ses mouvements, ses fonctions. C'est ce qui a conduit André Green (1989) à son travail sur la tiercéité, Michel de m'Uzan (1988) à écrire sur la stratégie ternaire de l'interprétation, ou, en ce qui me concerne (Ody, 1989 a), à relancer la question Œdipienne en parlant d'œdipe attracteur - pour ne prendre que ces trois exemples.
De fait, l'insistance de certains auteurs à maintenir et enrichir la question de ce qui renvoie à la tiercéité a été largement alimentée par les échanges et les confrontations avec certains auteurs anglo-saxons, lesquels exposaient des situations cliniques difficiles, plus particulièrement border-line, voire psychotiques. Ici, la question de la triangulation, et plus particulièrement Œdipienne, était entendue avant tout au sens du complexe d'œdipe ; elle se situait donc bien au-delà des enjeux centraux du traitement de ces patients, considérés pour leur part comme relevant d'une dynamique essentiellement primaire. Et ce n'est pas l'œdipe précoce décrit par M. Klein qui modifie cette appréciation, puisqu'on sait que les prolégomènes Œdipiens, chez M. Klein, sont dépendants de la pos