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Anne-Lise Stern fut déportée de France, où ses parents s'étaient réfugiés, à Auschwitz, en avril 1944, après avoir été dénoncée comme Juive. Jusqu'en juin 1945, date de son retour en France, elle transitera par les camps de Bergen Belsen, Buchenwald et Theresienstadt.
La préface de ce livre, dialogue avec l'auteur, nous donne des précisions biographiques importantes sur son rapport à la langue allemande, ou « exlangue maternelle », comme elle dit, ainsi que son engagement dans la cure analytique avec Jacques Lacan, après plusieurs essais avec d'autres analystes. Son activité thérapeutique dans la clinique des enfants hospitalisés et de leurs parents, dans les services de pédiatrie de l'Assistance publique, où elle s'efforce d'entendre et de faire partager aux autres soignants le désir des parents tel qu'il s'exprime à propos des symptômes de l'enfant, y est interrogée. Sa conviction est que si, n'importe où, là où l'on s'y attend le moins, mais au bon moment, quelqu'un est là, analyste capable d'entendre l'inconscient dans ses manifestations les plus diverses et de restituer cette écoute, des nŒuds mortels peuvent être défaits. Au bon moment. C'est cela aussi, le savoir-déporté : « Quand c'est le moment, c'est le moment ; un instant après, c'est trop tard. »
En 1969, Anne-Lise Stern rejoint le groupe Lander, qui, à l'unisson avec les utopies créatrices de Mai 68, eut l'idée d'ouvrir un laboratoire de psychanalyse qui serait un lieu d'exercice d'une psychanalyse non médicale et sans garantie en même temps qu'un lieu de partage de l'argent et du savoir. Elle rend possible ce projet en faisant don du montant des réparations versées par l'Allemagne à sa mère. Le « laboratoire de la Bastille » ferma en 1972.
Avec Alain Jaubert, cinéaste, Anne-Lise Stern réalise un film : Auschwitz, l'album, la mémoire qui fut diffusé en 1985, l'année de la sortie de Shoah.