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Au fil des numéros, cette revue de la Société psychanalytique italienne, qui depuis trois ans est passée sous la direction de Lorena Preta, s'impose avec une caractérisation assez inédite dans le panorama des publications de psychanalyse. C'est une revue à vocation culturelle centrée sur la pensée analytique, mais en dialogue et invitant à ce dialogue d'autres disciplines s'intéressant aux faits de la psyché. La qualité des invitations et des échanges est le seul garant d'un projet ardu qui, par ailleurs, se trouve toujours confronté au risque-défi de glisser dans la confusion de plans, langages, concepts, voire d'objets. Et cela, de surcroît, au moment même où la doctrine psychanalytique a atteint un stade de diversification tel que, d'après certains, il serait difficile d'y repérer un ground commun (cf. notre note dans RFP, t. LXVII, n° 3, 2003). Pourtant, ces deux numéros 2004 de Psiche confirment la pertinence et la tenue du projet éditorial, et justifient qu'on y revienne pour une lecture attentive. Pour des raisons évidentes, on s'attachera ici à signaler davantage les articles rédigés par des analystes, sans négliger pour autant les contributions significatives d'autres origines.
— Contaminations fécondes (n° 1, 2004)
Il est vrai que le terme choisi, celui de « contamination », peut être d'abord entendu dans sa connotation négative, celle qui renvoie au fait de détériorer un état fonctionnel (d'un organisme, d'une organisation, d'une doctrine), voire de l'attaquer et de le détruire. La contamination, cependant, peut être aussi envisagée comme une métaphore qui renvoie à la condition de possibilité de rencontre et de communication entre différences, dans le but de réaliser une reconnaissance fertile, et ce, au-delà des rigidifications d'entités, de systèmes, de croyances disciplinaires instituées, dont l'endogamie prolongée peut mettre en danger leur développement. On vise ainsi une fertilisation qu'on peut imaginer à la lisière entre le versant d'une confusion