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« Le jour où j'ai résolument enterré ma jeunesse, j'ai rajeuni de vingt ans. »
La crise du milieu de la vie n'est-elle pas avant tout celle de la confrontation entre la réalité objective et inéluctable du temps qui passe et contraint à un certain degré de reconnaissance de notre finitude ontologique et la persistance en chacun d'une toute-puissance infantile à laquelle nul ne renonce vraiment et qui maintient fantasmatiquement ouvert le champ de tous les possibles — y compris l'immortalité ?
Reconnaître notre finitude ? Certes toute notre vie psychique s'y emploie, du premier âge au dernier jour, et cette reconnaissance implique bien une exigence de travail psychique continu. Mais la crise du milieu de la vie a ceci de spécifique qu'elle entraîne la (re)mise en chantier de problématiques essentielles. Y sont reconvoquées :
— La différence des générations qui remobilise la problématique œdipienne et les désirs incestueux, à travers le départ des enfants, leur accession à une vie sexuelle adulte, à la procréation, à travers la prise en charge souvent des parents vieillissants qui nécessitent une attention où le corps est en première ligne, où le parent âgé devient l'enfant de son enfant. Au-delà, n'est-ce pas la scène primitive en particulier, mais aussi l'ensemble des fantasmes originaires qui se trouvent ici sollicités en chacun ?
— La différence des sexes qui, par l'accentuation de l'inéluctable différence homme/femme que l'horloge biologique impose, remobilise massivement l'angoisse de castration et les problématiques pulsionnelles et narcissiques qu'elle engage. Avec quels sentiments lisons-nous aujourd'hui ce passage de la XXXIIIe des Nouvelles conférences où Freud, en 1932, affirme qu'« un homme dans la trentaine nous apparaît comme un individu juvénile, plutôt inachevé (…). Par contre, une femme au même âge nous effraie fréquemment par sa rigidité psychique et son immuabilité. Sa libido a pris des positions définitives et semble inca