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La crise du milieu de la vie, qui pour une femme correspond à la ménopause, est un moment crucial dans le remaniement de l'économie libidinale. Mais j'essaierai de montrer que ce n'est pas, uniquement, à cause d'une confrontation avec la réalité objective et inéluctable du temps qui passe et qui nous contraint à une reconnaissance de notre finitude ontologique, même si cela est toujours vrai. Il y aurait un autre élément, bien plus inaudible, qui rendrait compte du silence qui règne au sujet de la ménopause. Pour étayer mon hypothèse, il me faut rappeler ici comment la découverte de la réalité de la castration mène la fille à changer d'objet d'amour : d'être le phallus pour la mère, elle aura à glisser — dans l'équation symbolique — au bébé et aller chercher celui qui pourra le lui donner. Freud 1 appelle cela l'entrée de la fille dans l'Œdipe. À la ménopause, la promesse d'un bébé substitut phallique n'est plus réalisable. Cela coïncide, ce qui n'est pas rare, avec le départ des enfants du foyer. Ce qui pouvait lui donner un sentiment phallique dans la maternité — un certain pouvoir imaginaire dérivé de la dépendance de ses enfants par rapport à elle — vient à faire défaut. Alors, la question de la sortie de l'Œdipe se pose. En quoi consistera-t-elle pour une femme ?
Pendant plus de quarante ans, Freud affirmera qu'il y a une augmentation de la libido au moment de la ménopause. Il la met en parallèle avec la puberté : une jeune fille inhibe son désir parce que c'est trop tôt et une femme au milieu de la vie parce que c'est trop tard. Comment entendre cette inhibition ? Hélène