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« J'ai eu 50 ans hier, reprit M. Acarius. J'ai très exactement l'argent qu'il me faut pour me payer l'utile et le superflu jusqu'à ce que la bombe nous tombe dessus ; en attendant, en attendant la bombe évidemment, je n'aurai pas vécu. »1
Le milieu de la vie… Plus encore que subjective, cette caractérisation d'un temps entre un avant et un après, apparaît lourde d'une idée de bilan, voire de menaces…
« Jusqu'à maintenant, j'ai toujours pensé que j'avais le temps… Mais maintenant !… » Dans le regard de cet homme de 50 ans, la panique se lit. Il me décrit ce qu'il compare à une ascension tranquille, tant que le sommet ne se dévoilait pas… « Maintenant, reprend-il après un silence, je sais que je n'ai plus le temps. » C'est d'un non-accomplissement dont il se plaint et s'effraie. Mais pourquoi maintenant, et pas plus tôt, ou plus tard ? Quelques années d'analyse mettront des mots, des représentations et des affects sur cette angoisse devant ce qui est ressenti comme une ligne de crête.
Chez cette jeune femme, c'est la découverte que tout devrait aller bien, et même que tout va bien : travail, mari, enfants, et même la jolie nouvelle maison, ce qu'elle croyait, jusqu'alors, tellement attendre. Au lieu de cela, c'est le vide qu'elle perçoit… et c'est l'effroi.
La vie humaine ne serait-elle animée, tout au long, que de crises, plus ou moins dangereuses, fécondes ou tragiques, et celle du milieu de la vie n'en serait-elle qu'une parmi les autres ? Psychanalystes, nous sommes nourris d'une théorie pulsionnelle fermement construite sur les deux temps de la sexualité