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La crise du milieu de la vie revêt différentes formes selon les patients. Elle apparaît en général lorsque l'un d'entre eux prend simultanément conscience qu'il n'a qu'une seule vie à vivre, et que la fin de cette unique vie se rapproche inéluctablement. Dans ces circonstances, un patient peut ressentir l'irrésistible désir de redémarrer une nouvelle existence. Mais cette seconde chance risque d'entraîner d'amères désillusions : en effet, cette « deuxième vie » s'avère parfois bien décevante à côté des innombrables possibles que le patient pouvait imaginer.
C'est sous l'un de ses aspects rarement mis en évidence que je veux aborder la crise du milieu de la vie. En effet, j'ai remarqué que, chez certains de mes analysants, cette crise était en rapport avec leur sentiment d'identité : « Ce que je vis, est-ce vraiment une vie ? ma vie ? Autrefois, j'attendais d'être “grand” pour vivre : j'ai attendu de terminer mes études, puis de trouver un bon travail, puis de fonder une famille, puis… Jusqu'à quand vais-je donc attendre d'être “grand” ? Attendrai-je donc toujours demain pour vivre ?… Un jour je serai mort sans avoir eu le sentiment d'avoir vécu ! » J'ai observé que ces analysants parviennent à dénouer leur crise existentielle du milieu de la vie au moment où ils découvrent que, pour ressentir leur valeur et la valeur de leur vie, il leur suffit d'être « simplement » eux-mêmes. C'est lorsqu'ils ont le sentiment d'avoir une vie, la leur, que l'angoisse de devoir la quitter diminue. En effet, pour céder sa place, il est nécessaire de sentir qu'on en a une. Or, « être simplement soi-même » avec ses qualités, ses défauts, ses dons,