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À notre époque, c'est vers la quarantaine, la cinquantaine que se joue la crise du milieu de la vie, sans doute parce que le sujet ressent les limitations imposées par l'âge et se considère à mi-chemin entre sa naissance et sa mort, le temps restant à vivre étant alors mis en perspective. C'est la dernière période de la vie qui s'ouvre, avec son terme inéluctable : la mort.
Mais la question posée n'est-elle pas avant tout à examiner d'un point de vue narcissique ? Nous sommes amenés consciemment ou inconsciemment à constater notre vieillissement. Notre corps nous montre des signes nous diffé-renciant des plus jeunes. Ne sont-ils pas plus beaux que nous, leur esprit n'est-il pas plus vif, leur sexualité plus active ? Nos possibilités sont de fait amoindries, comment allons-nous affronter ces incontournables renoncements ? Pourrons-nous continuer à transformer ce capital pulsionnel qui continue à vivre en nous, au regard de ces renoncements, et pour quelles visées ? Comment le narcissisme de nos premières années va-t-il nous permettre d'affronter cette inévitable conversion ? Ces interrogations nous confrontent en fait au deuil et à son élaboration.
Ainsi, les enfants qui grandissent et atteignent l'âge de former un couple interpellent les parents dans leur vie sexuelle, les renvoyant alors au deuil de leur propre jeunesse. Les femmes, du fait de la ménopause, sont confrontées à un arrêt de leur fertilité ; les hommes, de leur côté, vivent ou s'interrogent sur une baisse de leur libido, réveillant ainsi des blessures narcissiques et rendant difficile l'acceptation d'une évolution liée à l'âge.
Dans un autre registre, les petits-enfants mettent en scène devant les grands-parents leur sexualité infantile, ce dont ils ont été déjà témoins au