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Femme, par où te saisir ?
Peut-être par les cheveux ? lisses, ébouriffés, chemin soyeux de ta tête – supposant les pensées. Mieux vaut parfois les masquer d'un voile ou d'un excentrique chapeau où dériver la tentation ; les dieux s'y laisseraient-ils glisser ? Ou te trouver par la ligne de ton cou tendre, gracile ou solide et majestueux ? Passerelle du corps vers l'animation d'un visage. Lieu équivoque de la parole qui transgresse l'esprit. Ou te rejoindre au creux de tes seins, exclusifs de ton être, confusion de la maîtresse et de la mère : formes courbes de la beauté posées contre l'arbre du corps. Ou encore te rejoindre par ton ventre, recours de la vie dans son antre secret, le non-accès de la pensée, vibration du désir ouverte au devenir. Et tes jambes aussi, qui portent ce que tes mains ramassent : fruits ou déchets de la vie dévorante ?
Fuite perpétuelle du rêve, Gradiva essentielle. Chemins de l'angoisse et de la caresse. Femme, lieu du songe et de la chair, « carnité » perpétuelle. Par quel chemin puis-je avancer si ce n'est en cheminant en moi-même ? Quels autres arguments qu'un certain intérêt de moi-même pour me soucier toujours de la féminité ? Et encore mon souci de celles qui me ressemblent.
Ce n'est certes pas un hasard s'il me revient la critique de D. Anzieu à Lacan, au célèbre Congrès de Rome1 (1953).
Et pourtant. Écrire à nouveau de l'éternel féminin, n'est-ce pas alors dérisoire ? Depuis plus de cent ans, ce miroir étincelle ou s'éteint sans que l'éclairage y change quelque chose. Doit-on s'en inquiéter ? Mais on en est