You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
À propos de patients en milieu de vie, je me suis interrogée sur leur mode d'inscription dans la réalité, supposé stable à cette époque, mais objet de « crises », et sur le statut métapsychologique de ces « crises ». Je partirai ici de la clinique particulière de deux patientes en face à face hebdomadaire, et de l'observation de l'utilisation dans leur discours de la réalité de leurs investissements relationnels et affectifs, surtout conjugaux et parentaux.
Il s'agit d'une parole qui conserve une dimension réaliste, se prêtant peu à des ponctuations interprétatives, identifiée à son objet, supposant un référent implicite de sens commun qui atténue la différenciation entre les interlocuteurs et localise la « relation d'inconnu » à des signifiants nettement repérés symboliquement comme le rôle médical ou la relation d'aide. C'est sans doute vis-à-vis de tels patients que les tenants des thérapies brèves ont pu parler de focalisation du transfert, répondant à une certaine nécessité de maîtrise de leur part.
Notons au passage que ce mode associatif n'est pas sans analogie avec le discours décrit comme opératoire, par son absence apparente de double sens, d'arrière-fond, de retentissement vers une latence, son adaptation à la sociabilité, mais que cependant il est affectivé, « plein », efficace pour susciter une identification hystérique au sens commun de l'empathie, évocateur. Affectivé, mais peu capable de régression formelle, apparemment dénué d'animisme.
Par ailleurs, j'ai constaté que le fil conducteur de mon écoute avait été un intérêt, voire une attente, à l'égard de ce qui pouvait faire événement dans les associations dans le sens d'une évocation de la névrose infantile. J'ai alors eu le sentiment d'assister à de véritables occurrences de celle-ci, mais qui ne survenaient