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« Mais cette exigence d'éternité est trop nettement un succès de notre vie de souhait pour pouvoir prétendre à une valeur de réalité. Le douloureux aussi peut être vrai. Je ne pouvais me résoudre ni à contester l'universelle passagèreté ni à obtenir par contrainte une exception pour le beau et le parfait. »
Freud nous invite à apprécier la passagèreté comme « une valeur de rareté dans le temps » (1916 a, p. 322). Si nous pouvons facilement nous consoler de la disparition des splendeurs de la nature qui, elle, refleurira au printemps, à l'instar du « jeune poète révolté » ou de l'« ami taciturne » qui accompagnent Freud dans sa promenade, nous sommes profondément atteints, lorsque nous sommes confrontés à notre finitude ou à celle de nos proches. « Nous réconcilier avec la mort » (Freud, 1915 b) devient alors autrement difficile ; les divers subterfuges que nous trouvons habituellement pour y parvenir se révèlent insuffisants ou dépassés. La pulsion se rebiffe, ne se laisse pas impressionner par la réalité ni dompter par notre secondarité. Impérieuse, elle réclame son « dû ». La crise du milieu de vie se réfère à un tel vécu. Notons d'emblée que l'expression consacrée de « milieu de vie » illustre formidablement notre embarras dès qu'il s'agit de penser notre caducité ; en effet, nous ne savons pas quand nous allons mourir et de plus, quelle que soit notre espérance de vie, le temps après le milieu de vie n'est pas superposable au temps antérieur, il ne le double pas.
Le thème proposé par les rédacteurs, « les pulsions au milieu de la vie », nous précipite davantage encore dans la complexité de notre réalité psychique. La formulation choisie nous encourage à considérer de manière différentielle,