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« Le total des jours de Mathusalem fut de neuf cent soixante-neuf ans et il mourut. (…) Quand les hommes commencèrent à se multiplier à la surface du sol et que des filles leur naquirent, il advint que les fils d'Élohim s'aperçurent que les filles des hommes étaient belles. (…) Alors Iahvé dit : “Mon esprit ne restera pas toujours dans l'homme, car il est encore chair.” Ses jours seront de cent vingt ans. »
À ses collègues qui s'inquiétaient de l'âge croissant des candidats à une formation psychanalytique, un psychanalyste d'expérience répétait volontiers : « La psychanalyse est un métier de vieux. » Sans doute l'a-t-elle toujours été – au sens où l'on disait « mes vieux » en parlant de ses parents – et il est peu probable que l'on puisse devenir psychanalyste à 20 ans. Mais Lœwenstein n'avait pas 30 ans lorsqu'il s'est fixé à Paris pour contribuer à fonder la Société psychanalytique de Paris, et nombreux sont ceux de ses membres qui ont eu des responsabilités institutionnelles de formation autour de 35 ans ; leur dynamisme a été considérable et leur production remarquable. Faut-il rappeler que Maurice Bouvet n'avait pas 49 ans lorsqu'il est mort ? Alors « métier de jeune », « métier de vieux » ? L'expérience clinique et la simple expérience des difficultés de l'existence ne peuvent que favoriser l'exercice de la psychanalyse mais la jeunesse d'un analyste n'a-t-elle pas quelques avantages, et peut-on rester psychanalyste indéfiniment et quelles que soient les circonstances ?
Des souvenirs cliniques me reviennent, trop nombreux. D'abord celui d'un patient dont le psychanalyste était devenu dément du fait de la sénilité. Il a vécu des mois de cauchemars avant de comprendre ce qui se passait, avant de prendre réellement conscience de l'état de son analyste, état qu'il ne voulait pas