You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Qu'en est-il de l'écriture à la maturité ? Interrogation qui se situe au croisement de ces deux questions : à savoir si les écrits du milieu de la vie diffèrent de ceux de la prime jeunesse ou si, par définition, écrire nécessiterait d'avoir franchi le seuil d'une certaine maturité. Et cette deuxième question prendra le pas sur la première.
Car il arrive aussi bien que les deux questions se mêlent, quand dans une même écriture se partage au long d'une vie, et dans un reflet mutuel, ce qui se perd en un point et se ressaisit dans l'autre, de la vie pulsionnelle et des aspirations de l'être. Cela revient, pour notre sujet, à interroger le texte pour savoir à qui appartient plus qu'à l'autre, de la fièvre adolescente ou de la lucidité adulte, le pouvoir d'appréhender le lointain des inconnues ou de pénétrer dans le secret des choses. Ce qui s'inscrit dans cette même problématique générale des pulsions au milieu de la vie.
Mais la question demeure entière, en cette affaire. Car ce n'est pas tant l'âge mûr qui va nous interroger qu'une notion de maturité, imprimant, certes, sa marque au beau milieu de l'existence, mais qui ne s'y réduit pas et l'a souvent précédé. Une notion encore imprécise qui, néanmoins, se resserre dans l'écriture jusqu'à peut-être la définir. Maturité de l'écriture plus qu'écrits de la maturité.
Aussi bien n'est-ce pas le contenu même des écrits de cette période de la vie qui retiendront, ici même, notre attention, et dont on pourrait attendre, en effet, qu'ils expriment, dans l'affleurement fantasmatique, les bouleversements cachés, les conflits de la vie inconsciente, les remises en cause œdipiennes. Nous avons plus à apprendre, pour comprendre l'écriture, de ces temps de renoncement, de ce qu'ils indiquent de maîtrise et de retenue de l'élan, d'ambivalence