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« La vérité, aussi simple que terrifiante, est que des individus qui, dans des conditions normales, auraient pu peut-être rêver à crimes sans jamais nourrir l'intension de les commettre, ont adopté dans des conditions de tolérance totale de la loi et de la société un comportement scandaleusement criminel. »
Il y a de nombreuses années, dans Humanisme et terreur, Maurice Merleau-Ponty indiquait que la médecine et la torture ont entre elles une affinité topique en ceci qu'elles se logent toutes deux dans l'espace intime du corps sensible de l'être humain, et le colonisent : l'une pour le sauver, l'autre pour le détruire.
Penser ensemble des notions tellement antinomiques, telles celles de la médecine et de la torture, fait naître une certaine stupeur, mais cette pensée a le mérite de souligner et de rendre à la fois éloquent et central cet espace d'intimité où se logent depuis toujours, sous une forme virtuelle et potentielle,