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« L'art est la clef perdue de l'amour. Il n'est grand que s'il commence en se ressourçant dans le rapport à soi d'une personne qui n'est pas encore l'artiste, simplement l'enfant qui s'est perdu, l'adolescent qui s'angoisse, l'homme qui s'apprête à vieillir et cherche un sens à accepter de le faire. »
Le titre que je propose est le résultat d'un cheminement dont la forme verbale tente de garder le mouvement. Perdre, sublimer: deux représentations d'actions prises dans une temporalité complexe, sans doute multiple, et dans l'incertitude d'un lien de succession ou de causalité. La formulation implique une scansion entre perdre et sublimer, soupir musical qui peut devenir une ins-piration sur « la portée du désir »2 (Guy Rosolato). Ces verbes laissent également indéterminés l'objet, l'agent et le processus qui peut les rassembler. Perdre… quel objet? Quelle relation à l'objet? objectale ou narcissique? Quels processus sont mobilisés? Quelles pulsions en jeu? Quelle est la nature de ces nouveaux objets fruits d'une sublimation? Quelle est la place du tiers culturel dans leur existence? Autant de questions qui ont jalonné mon parcours.
Au départ, une approche macroscopique, phénoménologique, au plus près des expériences vécues, m'a amenée à mettre en rapport deuil et sublimation incluant les capacités de création. Une analyse plus approfondie m'a conduite vers des niveaux psychiques plus intimes et plus complexes, où perdre, sublimer trouvent les enjeux de la symbolisation dans une dialectique des pulsions et de leurs objets. Ces deux approches se conjuguent dans la cure analytique au passé