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Dans le dédale et les difficultés liées à la sublimation, Évelyne Sechaud a choisi avec fermeté l'axe « perdre, sublimer ». C'est cet axe que je voudrais suivre et interroger avec elle, du moins en certaines de ses dimensions.
La forme verbale entend garder le mouvement des cheminements suivis et laisser indéterminés l'objet, l'agent, le processus qui les rassemble. De ces deux verbes, notons d'abord la fausse symétrie, puisque l'un - sublimer - exprime une activité du sujet, quand l'autre - perdre - suppose une passivité ou une privation, à moins que, comme Marie venant à sa première séance, le sujet ne se perde lui-même. Notons surtout que, dans ce trajet, la perte vient d'abord. La sublimation en apparaît comme une suite quasi logique et comme l'issue la plus favorable: réparation d'un préjudice subi, d'une blessure narcissique et objectale, défense contre la souffrance.
Mais, si l'enchaînement et la succession paraissent aller de soi, ils mettent immédiatement en jeu la définition de la sublimation, et c'est évidemment ce qui témoigne de la pertinence de cet angle d'attaque. Car, parmi les nombreux exemples cités d'œuvres consécutives à une perte, quand Freud, à la mort de sa fille Sophie, évoque le travail dans lequel il se plonge comme un « dérivatif », quel traitement du deuil est alors opéré? Le travail - que ce soit au sens le plus banal du terme, ou dans l'addiction qu'il représente - est-il « travail de subli mation », « travail de deuil », ou bien ne met-il pas en attente ce dernier tra vail? En d'autres termes, la question se pose d'emblée de savoir si la sublimation apparaît comme un processus de transformation à l'œuvre ou comme un mécanisme de défense du moi, mais aussi de savoir comment joue l'attente qui va prendre dans la cure de Marie un relief saisissant, et quel rôle on accorde à la temporalité du processus, dimension originale et peu questionnée d'ordinair