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L'histoire de la notion de sublimation porte la marque indélébile d'un renoncement, celui de Freud d'en former le concept en écrivant un essai méta-psychologique qui lui aurait été consacré. Ce refus de Freud, chacun l'interprète à sa porte. Pour ma part, il me convient d'imaginer qu'il signifie l'aveu d'une impossibilité: celle de réduire à l'unité conceptuelle une notion fondamentalement plurielle, sinon éclatée. L'introduction du narcissisme et son corrélat, le passage de la première à la seconde topique, pour s'en tenir à ce seul changement de perspective, cette introduction et ce passage brisent l'espoir d'unité. Il ne serait pas difficile, en serrant d'un peu près toutes les entreprises de ceux qui ont malgré tout été tentés à propos de la sublimation par le point de vue unitaire, de mettre au jour leurs contradictions. L'inconscient peut s'offrir le luxe d'ignorer la contradiction, pas sa théorie. Faut-il dès lors envoyer « balader » la sublimation 1? Ce serait beaucoup concéder au fantasme de l'Un. Que veut celui qui veut à tout prix réconcilier Freud avec lui-même? Nos théories, ces produits de la sublimation, sont aussi, sinon seulement, des théories sexuelles. Rien ne leur permet d'échapper, autrement que partiellement, à l'objet qu'elles tentent de cerner. Le point de vue unitaire en psychanalyse paie un lourd tribut aux exigences de Narcisse. Le point de vue de l'Un est son point de vue. Contre une telle perspective, je ne crois pas qu'il existe de point de vue de Sirius sur Psyché, pas de promontoire d'où l'on puisse contempler toutes les Rome, de l'étrusque à la vaticane - ce que la notion de sublimation, parmi d'autres, permet de vérifier.