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« Je propose de situer la perte et la sublimation sur un vecteur orienté vers le futur, vers un projet », nous annonçait Évelyne Sechaud dans la conférence d'introduction de son rapport. Denys Ribas, dans son intervention, a souligné le rapport - négatif - au temps, dans la sublimation: il a présenté « la sublimation comme immobilisant le temps dans la trace » et a posé la question d' « un temps arrêté, contraire au deuil ». Pourtant, Jean-Luc Donnet a fait référence à la voie sublimatoire, réévocation d'un « dès le début » qui se trame entre analyste et patient… « création d'une situation analysante ».
Ne pourrait-on alors parler d'un temps, remis justement en mouvement, le temps « d'une présence en creux » au sein de la situation analytique?
Temps arrêté ou temps mouvant, la lecture préliminaire des deux rapports avec la centralité de l'attente dans celui de Sechaud et celle, encore une fois, du « dès le début » freudien dans celui de Baldacci, m'a renvoyée au petit livre de Levinas de 1948: Le Temps et l'Autre - et, pour moi, au temps de l'autre. Dans cet ouvrage de jeunesse, programmatique de son développement philosophique futur, centré comme on sait sur l'éthique comme responsabilité à l'autre, Levinas propose d'envisager le temps non comme le fait d'un sujet isolé et seul mais comme la relation même du sujet à autrui (p. 17). Pour lui, « le temps signifie ce toujours de la non-coïncidence mais aussi ce toujours de la relation, de l'aspiration et de l'attente, il se montre dans la patience de l'attente » (p. 10) et il questionne: « Le temps est-il la limitation même de l'être fini ou la relation de l'être fini… à l'autre? » Quant à l'avenir, Levinas poursuit: « L'anticipation de l'avenir, la projection ne sont que le présent de