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Évelyne Sechaud a centré son rapport sur la perte, ce que j'apprécie fort, car, comme on le verra, je ne conçois pas la sublimation sans la référence à l'après-coup d'un deuil qui érige un monument à une irréparable absence.
Jean-Louis Baldacci a, au contraire - mais est-ce opposable? - exhumé du texte freudien de 1910 sur Léonard de Vinci la notion peu remarquée jusqu'ici de sublimation dès l'origine (GW, 8, p. 147). Il en a développé les conséquences et discuté la portée avec un esprit de suite que j'admire. Aussi, ce sera sur le problème même de l'origine de la sublimation qu'après lui je me pencherai surtout.
Ma problématique est cependant très différente de la sienne. Je propose de radicaliser l'intuition de Freud relative à la sublimation « dès le début » pour considérer la sublimation comme constituant elle-même d'emblée une pulsion originale. Je dis bien, à mes risques: une pulsion (Trieb) et non une simple compulsion (Zwang), ce qui ramènerait répétitivement les pulsions que nous connaissons depuis les Trois essais vers un destin sublimatoire ultérieur.
Pour procéder aussi clairement que possible, je retiendrai exclusivement comme critères les caractères que Freud lui-même a attribués, en les considérant comme nécessaires à une définition générale de toutes les pulsions (1905, 1915). Caractères spécifiques dont des travaux, comme ceux de J. Laplanche, ont assez heureusement souligné les liens et la cohérence intime.
J'appliquerai donc à l'hypothèse d'une « pulsion de sublimation » les clés suivantes:
— Quel étayage?
— Quelle source?
— Quelle poussée?
— Quel objet?