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Œuvre du travail de sublimation qu'elle expose, le rapport d'Évelyne Sechaud se construit à partir de son expérience clinique, perdue mais transmise dans le détournement de l'écrit qui en compose la cohérence et l'ouverture. J'ai été particulièrement sensible à la singularité de sa démarche qui ne suit pas une ligne conceptuelle de référence mais qui avance au rythme de la dynamique d'une cure, certes insaisissable en son essence, mais théorisable à partir des émergences de figurations animées par le transfert et signifiées par l'interprétation. Dans cette perspective, j'ai lu ce rapport sur fond de résonances et d'obscurités de la perte, comme une trajectoire non linéaire articulée de mouvements séquentiels où mûrissent les fruits de la sublimation: plénitude narcissique et angoisse du regard de l'autre, blancs traumatiques et désirs fantasmatiques, indicibles mémoires du corps et dramatiques scenarii œdipiens, lacunes du refoulé et réminiscences de l'histoire seront appelés à représenter dans le travail analytique des fragments opposés que le jeu pulsionnel anime de mouvements séquentiels qui composent l'œuvre de l'intérieur. Animée par le souffle de l'esprit qui déborde tout discours signifiant, l'œuvre livrera à l'analyste le fondement et les mouvements de sa chair érotique ou destructrice sans que pour autant en soit levé le mystère de sa création, car, nous dira Évelyne Sechaud, l'œuvre est « un message adressé à l'absent… message qui apporte de l'inconnu ».
Cette lecture fit effectivement émerger en moi de l'inconnu sous forme d'une question qui me plongea dans la perplexité:
« Le travail de sublimation ne commencerait-il pas là où s'arrête le travail de deuil, là où s'arrête le détachement de l'objet perdu, là où la créativité psychique fait renaître ce qui de l'objet ne peut être perdu? »