You do not currently have permission to view the full text for this document. Please sign in to an account with an active subscription or contact support.
Lors de leurs présentations orales, les deux rapporteurs ont dessiné un même incident de théorisation. Il concerne l'usage du concept de désexualisation.
Dans leurs textes écrits, les deux rapporteurs ont énoncé leur réticence envers ce concept qu'ils ont réinvesti ensuite dans leurs propos introductifs. L'élimination dont ce concept a fait l'objet dans un premier temps a donc cédé dans un second. Du fait de sa mise en acte similaire chez les deux rapporteurs, ledit incident ne peut être considéré seulement comme un « meurtre du père » envers un élément du corpus métapsychologique. Sa significativité semble en fait participer de l'appréhension de la sublimation elle-même. L'hésitation des rapporteurs est donc à comprendre comme une contagion liée à l'objet de leur étude, au procès même de la sublimation. Celle-ci apparaît certes à différencier de la désexualisation, mais surtout elle est plus qu'une désexualisation, et son procès tend à se passer, à échapper à toute désexualisation. Elle a donc lieu dans un conflit de désexualisation-resexualisation impliquant son but et son objet.
Si le refus premier des rapporteurs se justifie par leur volonté de ne pas confondre sublimation et désexualisation, la cohérence théorique de la méta- psychologie freudienne ne permet pas l'élimination de ce concept. En effet, la reconnaissance en 1920 d'une troisième qualité à la pulsion, sa régressivité extinctive, oblige Freud à compléter son appréhension de l'appareil psychique. L'existence d'un pôle impératif, d'un impératif tiers en est la conséquence directe et inévitable. Une des opérations essentielles régies par ce dernier est justement la désexualisation, comme opération par laquelle se réalisent les transpositions de libido sexuelle d'objet et de libido sexuelle du corps respectivement en libido narcissique secondaire et primaire. D'où le besoin de mieux différencier désexualisation et sublimation.